mardi 20 décembre 2016

texte entretiens Général Maryan Perrot V 20 12 2016

Voici la version des trois entretiens remanié à la date du 20 décembre 2016 et agrémentée de quelques photographies :



Trois entretiens avec le Général Marie Jehan Perrot
(les lundis 14 novembre, 21 novembre et 5 décembre  2016 à son domicile d’Issy les Moulineaux)
Préambule :
A l’occasion de la fête des 100 ans d’oncle Yan, il avait été entendu entre nous que je pouvais venir m’entretenir avec oncle Yan : Le sujet souhaité était la carrière militaire d’oncle Yan.
Il s’agit donc d’une série de trois entretiens, où le général Marie Jehan Perrot évoque en premier lieu les souvenirs de son enfance. Il se détermine pour la carrière militaire, avec une inclinaison particulière pour les colonies.
Le texte qui suit est à considérer en mode brouillon, pour permettre des ajouts et des rectifications. Les termes retenus sont ceux qui sont usités au sein des familles Gélinier, Perrot,  Schaepelynck et les branches rattachées.
***
J’évoque une photographie d’Oncle ’Abbé enfant, avec sa mère (Mamette)  et son époux le lieutenant Francisque Perrot en grand uniforme avec son sabre au côté,  prise lors de leur séjour à Constantine (Algérie).
(Le lieutenant Francisque Perrot sera nommé capitaine le 13 octobre 1913)
Daniel Perrot, Mamette et le lieutenant Francisque Perrot à Constantine (Algérie)

« Ils sont partis au moment juste avant la naissance de Monique (Mamico).
Monique est née le 24 septembre 1914. Il était de tradition, pour une européenne, de ne pas accoucher en Algérie pendant les périodes chaudes. Mamette est donc revenue en France au début du mois de juillet 1914, avant la déclaration de la guerre.
Elle se réfugie à Moret sur Loing, chez sa mère (Mémée), à la veille de la bataille de la Marne.
«Pourquoi Moret sur Loing ? Parce que ma grand-mère Gélinier habitait chez sa fille, Pauline Perraudin, dont le mari travaillait dans une usine à proximité. Il était trop âgé pour s’engager sous les armes et il a donc continué à travailler à l’usine.
Puis son oncle, François Ratheau, habitant Beaumont, vient la chercher en voiture. Mamette accouche de Monique à Saint-Pierre le Moutier. François Perraudin, le beau-frère de Mamette était photographe. Il y a une collection de photographies Perraudin.
Maryan naît le 27 août 1916 à Moret sur Loing.
«A 2 ans, je n’ai aucun souvenir de la première guerre mondiale »
« On part à Mayence en février 1923 ; J’ai 6 ans et ½. On ne voit que des militaires français. On habitait un quartier où il n’y avait que des officiers. Dès l’arrivée, je vais au lycée Français de Mayence.
Après la guerre, mon père devient commandant à titre temporaire. Cela existait à ce moment-là.
Il part peut-être comme capitaine à Montpellier. Je me souviens très bien de son passage au grade de lieutenant-colonel en 1928 : Quelqu’un vient nous chercher à la gare : on l’appelle : Mon colonel
Revenons à Montpellier : Nous habitions d’abord Avenue de Toulouse et j’ai un souvenir, un souvenir sonore.
A Montpellier, l’avenue de Toulouse doit être une grande rue. J’avais un solide appétit et mes parents me disaient : Tu vas éclater !
On a entendu un pneu de voiture qui a explosé, et j’ai alors dit :
« C’est au moins un Monsieur qui a éclaté ! »
Ensuite, nous avons habité une villa à Montpellier, la villa de la Tour Buffel avenue de Lodève. A 200 ou 300 mètres de là, il y avait un couvent de bonnes sœurs, et c’est là où j’ai appris à lire.
Maryan Perrot sait lire, écrire et compter ainsi, mais ce n’est pas une vraie école.
« On me met au lycée français de Mayence en 11ème  et il m’a fallu 6 mois pour rattraper le niveau des camarades.
La Rhénanie a été occupée jusqu’au 30 juin 1930. La famille est partie 1 mois avant cette date, et mon père est resté jusqu’à la fin.
Il n’y avait quasiment pas de contacts entre jeunes français et jeunes allemands. Mon frère Daniel, qui faisait également ses études au lycée de Mayence y a passé son baccalauréat. Il était en rapport avec Monseigneur Remond qui coiffait l’ensemble des aumôniers militaires de la Rhénanie. On ne manquait pas d’aumôniers à cette époque. Mon père avait des relations personnelles avec Monseigneur Remond.
Monseigneur Raymond a chapeauté l’entrée de Daniel Perrot au séminaire. Monseigneur Raymond va le mettre en rapport avec un étudiant en droit, qui est un leader des étudiants allemands. Cet étudiant et Daniel « baragouinent » un peu français ou allemand. L’étudiant allemand avait un an de plus que Daniel. Il est parti au moment où Daniel partait au séminaire d’Issy les Moulineaux.
J’avais été mis en rapport également avec un jeune allemand. Je l’ai vu peut-être une dizaine de fois.
Un fait très intéressant : Au moment où on a commencé à parler d’Adolf Hitler, mon père lui a écrit.
« Ce gars-là, qui semblait être pacifiste, pour une entente cordiale, avait tout à fait épousé la doctrine du parti nazi. Il avait écrit une grande lettre à mon père. Cette lettre doit être conservée quelque part ».
« Je n’ai aucun papier. Mamette a vécu jusqu’en 1987.






Moi, j’étais à gauche ou à droite. Il y a deux personnes dans la famille qui peuvent avoir de la documentation :
Chantal, qui s’est beaucoup occupée de conserver les documents
Et Paul de Sinety.
« Je dus Paul de Sinety, car un jour, j’avais été avisé d’un général qui faisait des collections d’objets militaires. Il faisait un musée de l’armée à titre personnel. Il me demandait si je n’avais pas de souvenirs militaires. J’ai appris, après, dans les notices à l’usage des généraux la bonne façon de donner les pièces militaires au musée de l’armée…mais surtout pas à ce gars-là !
J’en avais parlé à Paul de Sinety et je crois me souvenir…
Paul, en plus, comme il habitait à proximité du musée de l’armée en faisait faire le tour. Il était imbattable !
A 14 ans, on suit la famille. Je ne me pose pas de questions. Mon père avait été très impliqué dans les services financiers de l’Etat-major. Moi-même, j’ai été au service financier en Indochine.
En 1929, il y a eu la conférence internationale de la Haye. Aristide Briant, Ministre des Affaires Etrangères, était le chef de la délégation française.
Mon père était en prise directe avec Aristide Briant. J’ai dans mes archives un papier qu’il avait fait, où il termine en disant :

Il Faudra faire très attention !

Il fallait faire payer l’Allemagne encore pendant 50 ans. L’Allemagne a rétabli son potentiel industriel. La France a du reconstruire dans une dizaine de départements dévastés par la guerre.
Transports : Entre Mayence et Paris, tous les transports se faisaient par train. Je me suis déplacé une fois avec mon Père en 1926 pour aller voir La Lorelei…
C’était à l’occasion de ma première communion le 4 juin 1926. Mon parrain, Léon Bertholon, est venu de Lyon. Il nous avait demandé une voiture militaire.
La campagne autour de Mayence était prospère. Autant la France était désolée, autant la campagne allemande était en floraison, elle n’avait pas été détruite par la guerre.
Rapports entre les Français et les Allemands :
On était uniquement entre Français ! Et eux, de leur côté, ne cherchaient pas à avoir des relations avec les Français.
Il y avait une coopérative pour les besoins français. On avait très peu de contacts avec les commerçants allemands et les allemands en général. Les deux derniers mois où je suis resté en Allemagne, j’ai été hébergé dans une sorte de petit séminaire allemand pour essayer d’avoir des contacts avec de jeunes allemands, mais cela ne m’a pas manqué.
Commémorations : Tous les ans, il y avait la commémoration du 11 novembre et il y avait la fête nationale le 14 juillet.
En 1930, mon père est nommé au Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN). La mission était de préparer le pays au temps de guerre et organiser les rapports entre civils et militaires en temps de guerre. Mon père rencontre le colonel de Gaulle (nommé Général en 1940). Mon père était de 1881, De Gaulle est nettement plus jeune (1890). Ma belle-mère était aussi de 1890, comme de Gaulle. Mon père avait son bureau boulevard des Invalides, aux Invalides et non pas à l’Ecole Militaire. La famille habite Clamart, et moi, je vais au lycée Michelet, à Vanves : je rentre en seconde au lycée Michelet au mois de septembre 1930.
Au lycée Michelet, je continue en latin. Dans ma chambrée à l’X, 6 sur 8 avaient fait du grec.
Seconde 1930/1931
Première : 1931/1932
Terminale : 1932/1933
Mon père quitte dès 1932, car il est nommé Colonel commandant le 4ème régiment d’Artillerie à Colmar. Il était passé artilleur en 1910. Il était sorti dans un bon rang de Saint-Cyr dans les chasseurs à pied. Il a été affecté au 1er BCP à Troyes. Son chef de corps était le commandant Emile DRIANT.
C’est un type qui a eu une célébrité, il était le gendre du général Boulanger. Il a quitté l’armée un peu après. Il est devenu député.
Il est donc député en 1914, et il renonce à son privilège de député et il est tué à Verdun en 1916.
Il a écrit des livres très patriotiques, pour enthousiasmer les jeunes, sous le nom de DANRIT.
Quand mon père, étant à Troyes, fait sa licence de droit. Il avait des temps libres, il n’était pas marié, il avait le goût de s’instruire. Vers 1910, en gros, il est passé dans l’artillerie. Pourquoi ? Je ne m’en souviens plus.
C’est le moment où on modernisait l’artillerie. Durant la guerre de 1914 1918, il n’a pas été tout le temps en État-major. Il a commandé des batteries d’artillerie.
Lorsque mon père est affecté à Colmar, Daniel est au séminaire. Moi, je suis pensionnaire. J’ai été une année à Strasbourg. J’avais été recalé au baccalauréat de mathématiques élémentaires pour une note insuffisante en philo.
Mon père passe deux ans à Colmar et un an à Mulhouse, et c’est à Mulhouse que Monique fait la connaissance de Gérard Schaepelynck en 1936, puisqu’ils se marient le 22 septembre 1937, elle-même étant du 24 septembre 1914.
Mon Père fait le CHEM (Centre des Hautes Etudes Militaires). Cette école était surnommée l’Ecole des Maréchaux ; Les membres du Conseil Supérieur de la Guerre avaient pour mission de commander une armée.
Le 1er octobre 1937, je rentre à l’X.
De 1934 à 1937, j’étais pensionnaire au lycée Saint-Louis.
Mathématiques Supérieures :      1934/1935
Mathématiques Spéciales :          1935/1936          3/2
Mathématiques Spéciales :          1936/1937          5/2
Toutes les vacances se passaient à Beaumont. J’étais scout, et chaque été, nous faisions un camp scout de 15 jours à trois semaines.
Ceci introduit des questions sur Beaumont :
Octave Gélinier :
Octave Gélinier avait fait une année de mathématiques supérieures. Puis il s’est dit que cela serait mieux de faire médecine. Il fait alors un ou deux ans de médecine. Puis il fait du droit. Enfin, il revient en taupe et il intègre Mines Paris. Il n’aurait pas pu faire l’X en raison de son infirmité. C’est un gros gabarit intellectuel.
Montée des périls : En 1937, on regarde et on dit : On n’y échappera pas !
Il y avait eu la crise de 1929, pas tellement présente en France immédiatement après, mais plus présente de 1931 à 1936. En 1936, c’est l’avènement du Front Populaire. Les oncles et les tantes sont tout à fait anti Front Populaire.
Il y a une espèce de révolution douce en France.
Choix professionnels :
J’ai pensé à l’Industrie. J’ai pensé faire une carrière dans l’administration coloniale.
Pour moi, les colonies, c’est favoriser le sanitaire, apporter l’instruction, créer une administration. Aux colonies, il y avait énormément de luttes internes. La France a apporté la stabilité. C’était la paix qui régnait avec la France.
J’ai assisté à l’exposition coloniale de 1931 et à l’exposition universelle de 1937. A l’exposition universelle de 1937, les deux stands les plus importants sont ceux de l’Allemagne nazie et de l’URSS.
A l’occasion de ces expositions, j’ai compris que les colonies m’attiraient. Je ne voyais pas qu’on brimait les élites locales à l’époque.
A l’X, c’est moins astreignant que les années de Taupe, où il n’y a aucune distraction, à l’exception du scoutisme, que je continue à l’X.
J’ai des excellents amis scouts à l’X et on a des activités communes. On dirige une troupe à Gentilly, on les emmène camper.
A l’X, je rattrape pas mal la lecture, que j’avais négligée, et je lis un peu de tout, les auteurs classiques et les romans à la mode.
Pour la presse, il y a l ’ Echo de Paris qui est un journal très nationaliste. Mon père le lisait. On le lit, sans y croire complètement. Henri de Kerylis est le directeur de l’Echo de Paris. Il y est très virulent contre les allemands. On trouvait qu’il y allait un peu fort.
Il y avait également le Matin.
On ne lisait pas l’Action Française. Le journal Action Française était proscrit. Cela plaisait aux anciens nobles. L’Action Française était condamnée par Rome.
A l’X, il n’y avait aucun étudiant communiste. Il y avait des étudiants à gauche, qui soutenaient le Front Populaire.
L’enseignement à l’X durait deux années, et il y avait à la suite l’Ecole d’application.
Quand je suis sorti de Polytechnique, je suis sorti dans l’artillerie coloniale. Les artilleurs vont à Fontainebleau et cela devait durer deux ans, mais du fait de la guerre, la mobilisation est organisée.
A Lorient, il y avait le 11ème régiment d’artillerie coloniale. Il y a 3 régiments sur la base de Lorient. Cette organisation est valable dans les temps de guerre, à un moment où il y a des morts et des blessés. C’est dans ces bases arrière que l’on recomplète les régiments décimés avec des recrues que l’on forme. Durant la drôle de guerre, il n’y a aucun mort.
Je reste à Lorient jusqu’en juin 1940.
Les hostilités commencent le 10 mai 1940. Il y a des pertes au combat. Je rentre dans un régiment à Rueil-Malmaison, car on y reconstitue un régiment. Ma vie active, en tant qu’officier, sous-lieutenant d’artillerie commence autour du 1er juin 1940.
Le front est enfoncé, les Allemands sont passés par les Ardennes et Le nord des Vosges et déferlent au nord de Paris. Je suis conduit à faire retraite. Nous nous déplaçons la nuit. Nous avons très peu tiré. Toutes les routes, tous les chemins étaient remplis par des réfugiés de Belgique, de Hollande ou du Nord de la France. On se déplaçait à travers champs et non par les routes. C’était invraisemblable.
A Paris, j’ai pris les boulevards extérieurs. J’ai passé la Loire à Giens. Puis je suis allé vers Chateauroux. Je me suis retrouvé du côté de Bergerac le 25 juin 1940, et je ne suis donc pas prisonnier. A ce moment-là, on reste un mois ou deux à attendre. J’avais des Malgaches et des Indochinois dans mon régiment.
Le régiment est dissous à Bergerac et nous partons sans armes dans les camps du sud est affectés à l’armée coloniale à Fréjus.
Nous sommes militaires et sans armes. Il y a quand même l’armée d’armistice qui durera jusqu’au 8 novembre 1942. L’armistice a été signée par le général Huntziger au nom du gouvernement français.
En octobre 1940, je pars au Maroc. Je reste deux mois à Taza, puis je vais à Casablanca jusqu’en juillet 1941, date à laquelle je vais à Dakar.
Mers el Kébir a lieu le 2 juillet 1940.
Je reviens en arrière à Lorient : C’est intéressant, car là, à Lorient, je fais la connaissance de Renée, ma future épouse.
Je suis invité dans une famille Lorientaise qui a connu ma présence là et le fait que je ne faisais pas grand-chose. Je suis invité à un bridge dans la famille d’un médecin.
Entre une jeune fille et je me dis : « Celle-là n’est pas comme les autres »
Je la revois après : C’est elle qui invitait pour le bridge. Mais je n’ai aucune conversation avec elle.
Sur ces entrefaites, je vous ai dit que j’étais attiré par le Scoutisme.
Le 23 avril 1940, C’est la Saint-Georges, et traditionnellement, pour la Saint-Georges, les Scouts se réunissent. Je découvre alors que Renée est cheftaine de Jeannettes. Elle me dit :
« Vous aussi, vous faites partie des scouts ». On a une conversation amicale.
Elle n’a pas compris que j’ai fait exprès de ne pas me mettre à côté d’elle. Je risquais de partir 8 jours après. Ce n’était pas le moment de commencer un lien quelconque.
C’est à Bergerac que nous sommes arrivés.
De Gaulle, son appel du 18 juin, j’en ai entendu parler plus tard. Pendant la retraite proprement dite, on n’avait aucun contact avec le reste du monde ! On s’appliquait à sa tâche militaire. J’aime autant vous dire que les sentiments qu’on avait, ce n’était pas le rapprochement avec l’Allemagne ! Il y avait l’Angleterre, il y avait l’Amérique.
« Il faut que l’Amérique entre en guerre » : Cela était dit par un sous-officier astucieux.
A Casablanca, les gens étaient remontés contre les Anglais, à cause de Mers el Kébir.
A Dakar, il y a eu l’ « histoire » du 22/9/1940 : De Gaulle vient à Dakar avec une flotte anglaise. C’était une faute, car les gens n’auraient pas demandé mieux que d’adhérer à De Gaulle.
On n’écoutait pas Radio Londres. Le fait qu’il vienne à bord d’un navire d’une flotte anglaise qui venait de couler la flotte française, c’est plus qu’une erreur. Les gens souhaitaient vraiment la lutte contre l’Allemagne. L’idée n’était pas de collaborer. On voyait bien qu’ils gardaient les prisonniers.
Les juifs ? : On n’en parlait pas. J’avais un camarade de promotion Dreyfus, qui pratiquait les rites juifs dans l’école. Il a été considéré comme un officier et mis dans un OFLAG ; Il a été prisonnier jusqu’en 1945. Puis il s’est converti au Christianisme et il est devenu Dominicain.
(François Dreyfus a été professeur à l’école Biblique et Archéologique de Jérusalem).

DAKAR : Que se passe-t-il à Dakar ? A mon point de vue personnel, j’établis des contacts épistolaires avec Renée. Le téléphone n’existait pas.
On décide de s’unir par le mariage
Mais on ne se déplace pas comme on veut !
Il y a des bateaux qui font Casablanca Dakar. Mais il faut des raisons valables pour y voyager. On décide de se marier par correspondance. Cela fait hésiter ma future belle-mère. On ne se connait pas ! Mais on décide de se marier.
Ma fiancée et sa mère habitent Lorient, qui est zone interdite.
Je suis marié le 11 juillet 1942 à la Mairie de Dakar. Le dossier arrive en France, à Lorient. Cela met 3 mois à être récupéré ! Mon épouse ne signe le dossier qu’après le 8 novembre 1942 (débarquement américain en Afrique du Nord)
Plus aucun contact n’est désormais possible.
Je suis affecté à l’infanterie de côte à Dakar. On a mission de tirer sur les Anglais, et ce sont des ordres écrits. Mais il y a des clivages. Concernant l’attitude à avoir avec les Allemands, il n’y a pas de clivage.
Les marins n’ont pas digéré Mers el Kébir : Le 22/9/1940, la flotte anglaise coule l’Audacieux, un vaisseau sur lequel il y a le lieutenant Colas, qui est un cousin de Renée. Le lieutenant a deux enfants. Leur mère était morte à l’accouchement du second. Les deux enfants deviennent orphelins de Père et de Mère.
On n’était certainement pas collaborationniste, mais les Anglais et même De Gaulle n’étaient pas appréciés ! On n’entendait pas « les Français parlent aux Français ».
AFRIKA KORPS : Rommel attendait les Anglais au Caire.
RUSSIE : On sait que les Allemands ont rompu le pacte germano-soviétique. Il y a une pénétration allemande victorieuse au travers de l’Ukraine et jusqu’à Moscou qui est claironnée par les Allemands. Stalingrad, les Allemands ne s’en vantent pas. On le sait mal, le renseignement circule très mal.
A partir du 8 novembre 1942, date de l’arrivée des américains avec la bannière étoilée, l’Afrique se rallie aux Américains. Darlan est en Afrique du Nord. Darlan est le numéro 2 de Vichy.
On disait : « Il est là parce que son fils est malade ». On disait Vichy se rallie à un gouvernement pro américain pour rompre l’armistice avec les Allemands. Les Américains avaient prévu 7 divisions pour rétablir l’ordre en Afrique du Nord. Cela a duré 48 heures. Le Général de Gaulle et Giraud arrivent ensuite.
A Dakar, je vis dans une batterie de côte. Je n’ai pas de vie personnelle. J’habite dans un camp militaire. Je suis passé lieutenant le 22 août 1941. J’avais été nommé sous-lieutenant le 22 août 1939. Il y a une vie à Dakar, j’ai des amis qui sont mariés et vivent en famille. Le soir, je rentre dans mon camp militaire. Dakar est sur une presqu’île et il n’y a pas d’arrière pays. Il y a une voie ferrée qui va sur Bamako. Il y a la plage et on peut se baigner. C’est une vie un peu recluse.
Darlan est assassiné le 23 décembre 1942, la veille de Noël. Il y a eu différentes explications. Pour moi, cela a été le déclic. La France de l’intérieur souhaitait que l’Afrique soit la base arrière de la reconquête du pays.
Campagne d’Italie : Elle est faite par les troupes alliées basées en Afrique du Nord. Il y a eu d’abord la reconquête de la Corse. La campagne d’Italie a été très dure.
Les troupes coloniales, nous ne sommes intervenus que bien plus tard, à partir du débarquement en Provence.
Les divisions ont été entièrement équipées par les Américains. En Provence, il y a eu 3 divisions, dont la division Tunisienne et la Division Algérienne. Il y a eu la 3ème division d’Infanterie Algérienne.
La 9ème Division d’Infanterie Coloniale, c’était l’Afrique Noire.
Tout le matériel était fourni par les Américains.
Le transport des hommes s’est fait par bateau de Dakar à Casablanca. Puis l’unité a été regroupée et le trajet s’est fait entre Casablanca et Oran par route ou par voie ferrée. La traversée de la Méditerranée s’est faite avec des bateaux américains LST. Ce sont des bâtiments de débarquement, à fond plat, s’ouvrant par l’avant, pour permettre le débarquement sur la plage. On avait prévu beaucoup de DCA, car la Luftwaffe était très meurtrière. Mais les Américains et les Anglais avaient porté beaucoup d’effort sur la Luftwaffe. On n’a pas eu l’occasion d’abattre des avions allemands.
Mes faits d’arme ont été très faibles, car il y avait une prépondérance d’avions alliés.
On était, au début, sur des 40 Beaufort, des avions qui attaquaient les Stukas. Les Stukas attaquaient en piqué. Mais au bout d’un certain temps, il n’y avait plus de Stukas. Il y avait des consignes de tir strictes : On faisait de l’appui pour les troupes au sol, la 9ème DIC (Afrique Noire).
Je suis arrivé un peu en retard et j’ai débarqué dans le Vieux Port de Marseille : Toute la région de Marseille avait été reconquise. Non seulement on voyait les traces, mais les ponts avaient été détruits. Le Génie avait reconstitué les infrastructures.
Besançon : On s’établit à Besançon. Cela devient intéressant à double titre. En décembre 1944, le commandement décide le blanchiment des unités. On était parti avec des Sénégalais. On renvoie chez eux les Sénégalais et on les remplace par des FFI qui ne demandent qu’à « casser de l’Allemand ».
On avait choisi les Sénégalais : On avait le droit d’en conserver 15 par unité qui comptait un effectif total de 100 combattants. Il y avait beaucoup de volontaires, dans les troupes noires, pour rester. Certains ont eu des destinées importantes dans leur pays.
Cela m’a permis d’aller chercher des recrues blanches à Paris, et de là, en trois jours, j’ai épousé ma femme.
Le dossier a fini par arriver.
J’étais arrivé un lundi matin à Paris, avec une mission, pas de recrutement, mais de ramener du personnel pour effectuer des tâches administratives.
Renée résidait au 94 boulevard de La Tour Maubourg. Monique et sa mère étaient à Beaumont.
Nous sommes allés à la Mairie du 7ème arrondissement.
Le préposé a dit : « Je ne veux pas savoir ce qui s’est passé avant ».
En fait, je suis marié deux fois.
A Besançon, je recrute des FFI. Ils sont volontaires, mais ils ne connaissent pas le métier d’artilleur de DCA. En janvier 1945, il fait très froid. Les hostilités reprennent fin janvier 1945 et on est stationné à côté de Strasbourg. Un pont était resté intact sur le Rhin, et grâce à ce pont, cela a permis de créer une tête de pont et de descendre le long du Rhin. D’autres ponts sur Strasbourg ont été rétablis ensuite progressivement en mars et en avril 1945.
Il n’y avait plus d’aviation allemande. Or il faut avoir la maîtrise de l’air.
L’offensive des Ardennes avait été stoppée, les Américains ayant la maîtrise de l’air. Il y a eu bien sûr des pertes importantes chez les Américains, qui ont rétabli l’équilibre. C’est une marche en avant facile en Allemagne. Les troupes allemandes se battent quand même. On trouve un pays plus pacifié et riche que n’était la France. Les campagnes sont en floraison. Il fait encore très froid en mai 1945. La nature est en plein essor. Les villes sont détruites, mais pas les campagnes.
Bregenz est en gros le point final. C’est au bout du lac de Constance. C’est là où était l’État-major de l’armée de Delattre. On a été basé à Gaggenau, pas très loin de Baden Baden pendant un mois ou deux après la fin des hostilités, puis l’unité a été positionnée à Schifforstadt (la ville des bateliers) tout prêt du Rhin, du côté de Landau.
Denis est né le 30 septembre 1945.
Mariage civil et religieux :
Je me suis marié le 14/12/1944 en tenue de lieutenant. En fait, j’étais capitaine depuis le 1er octobre 1944.
On était allé voir le secrétaire de Mairie le lundi après-midi. Le mardi matin, nous allons, Renée et moi, à l’Eglise du Gros Caillou, pour s’inscrire pour un mariage religieux. Le premier vicaire, en charge des mariages, me demande un certificat de baptême. Parti de France depuis 5 ans, je n’avais pas de certificat de baptême. Alors le vicaire me dit :
« Vous vous appelleriez Mr de la Puce Qui Renifle, je ne pourrais pas vous marier ! ».
A Lorient, à côté de la caserne où j’avais été, il y avait un bistrot fréquenté par les militaires qui s’appelait le bistrot de la Puce qui Renifle et le nom était donné à tout le quartier.
Renée avait à ce moment là à Paris un oncle dominicain qui dit :
« Je vais vous recommander auprès de l’évêché. Alors donc, nous rencontrons le secrétaire personnel de l’évêque, qui a l’énoncé de mon nom de Perrot dit :
« Vous n’auriez pas dans votre famille un prêtre dont le prénom est Daniel ? »
Alors je dis : « Daniel, c’est mon frère ».
Alors il dit : « Je n’ai pas besoin de certificat ».On fera le mariage à la chapelle de l’évêché à 11 heures.
Renée téléphone à toute la famille pour annoncer son mariage jeudi à 11heures.
Puis Mgr Lesourd, le secrétaire, devenu évêque, téléphone en disant : « Ce n’est pas possible, la chapelle est retenue toute la matinée. Une autre solution est envisagée avec l’aide d’une religieuse dont le monastère se trouve à Montmartre (la sœur de ma tante Philomène).
Finalement, on trouve une église (Saint-Pierre de Chaillot). Le colonel du Régiment s’était déplacé. On est reparti de Paris seulement le samedi. Renée m’a accompagné à Besançon, où je me suis occupé de former les nouvelles recrues.
En octobre 1945, je suis affecté à l’Etat-major de Delattre de Tassigny à Baden Baden et je fais venir mon épouse et mon fils aîné. Je réside à Buhl, je suis affecté au 4ème bureau qui se trouve à Buhl.
Puis j’ai eu une affectation de principe à Fréjus, où je ne suis pas allé physiquement, et j’ai été envoyé à Dakar.
Puis Renée est arrivée enceinte du N°2 à Dakar et Joël est né 3 mois après : Il fallait qu’elle voyage de façon sûre.
A Dakar, je suis resté 2 ans et ½. Je suis revenu de Dakar à la pentecôte 1949.
…..      est née le 8 août 1948.
Comment s’était effectué le voyage ?
Le voyage s’est effectué par bateau de Marseille à Dakar, avec une escale à Casablanca d’une journée, où j’ai retrouvé des amis.
L’arme et le service :
En 1945, il y a une distinction entre l’arme et le service. Il y ales gens qui servent le canon et il y a des gens qui s’occupent du matériel : ce sont deux corporations différentes. Aux colonies, on pouvait être affecté indifféremment dans la batterie ou dans le service.
Lors du premier séjour à Dakar, j’étais dans la batterie de côte. Lors du deuxième séjour, j’ai été affecté au service matériel et bâtiment, entretien des armes et des munitions : SMB, service Matériel et Bâtiment. Le deuxième séjour dure du 1/10/1945 jusqu’à Pentecôte 1949.
J’ai eu un congé de fin de campagne, et on a commencé à s’installer à Belle-Île, à Kerloréal.
On inaugure les vacances des frères et des sœurs. On se réunit avec Monique et Gérard, Chantal et Odile. Jacques et Christiane viennent avec Luc et Marc qui a trois mois. Ce sont les premières vacances, et on inaugure les vacances de Kerloréal sous l’égide de ma belle-mère. Il n’y a aucun confort, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas d’eau courante. Je reste à Kerloréal jusqu’au 15 août 1949, puis je vais à Dinant où je reste 18 mois jusqu’au 1/12/1950. En janvier 1951, je suis affecté à Fréjus où je reste un mois et je suis affecté en Indochine. J’embarque à Marseille, je passe par le canal de Suez, je fais escale à Djibouti une demie journée. Dans le bateau, il n’y a que des militaires. Je reste deux ans et demi en Indochine, et la famille s’installe à Lorient. Je suis affecté avec mon groupe le 1er mars 1951. La France était très étrillée et Delattre prend le commandement de l’armée. Il est également haut commissaire. Delattre est admiré, car il a fait le débarquement en Provence, jusqu’à la victoire militaire. Comme cela allait mal, on le désigne. Leclerc lui-même avait été envoyé là-bas. Des Français sont restés durant toute la guerre. Les Japonais avaient installé des bases, mais n’avaient pas pris l’administration. Dans toute cette histoire d’Indochine, il y a eu des revirements : s’entendre avec Ho Chi Minh et Diap. Cela a été très sombre au point de vue diplomatique. La France n’avait pas compris que l’ère coloniale était terminée :
On veut bien laisser le gouvernement à des gens favorables, mais pas à des révolutionnaires armés par Moscou. Le but était d’empêcher les communistes de prendre le pouvoir sur l’Indochine.
Affecté avec le groupe au Tonkin, je reste durant trois mois dans le groupe d’artillerie. On a des canons et on tire le cas échéant, dans les opérations. Mais il se trouve que dans son Etat-major  Delattre a fait appel autour de lui au général Allard, son écurie personnelle, des gens en qui il avait confiance. Ces gens-là, je les avais connus au 4ème bureau à Baden Baden. Il y avait le colonel Levaquon que j’avais très bien connu à Baden Baden. La personne qui était en charge du service financier de l’Etat-major était partie. Ils cherchaient quelqu’un pour le remplacer. A Dakar, j’avais su faire des marchés et j’avais été confronté à des problèmes financiers. J’ai été affecté au service financier au bout de trois mois sous l’égide de Levaquon.
Levaquon coiffait une partie du 4ème bureau et j’étais l’expert des finances. Pour le vote du budget 1951, je suis allé le présenter au Ministère en France. Il y avait pas mal d’aide de la part des américains, qui fournissaient les armes et les munitions d’artillerie, qui coûtent très cher. Les américains fournissaient les jeeps, des GMC et des véhicules blindés également. Il y avait également de l’aviation, mais je m’occupais de l’armée de terre et des unités de la marine.
Marine et aviation avaient leur budget propre.
1951 et 1952, je suis en Indochine, et je reviens par avion le 1er juin 1953.
Dien Bien Phu se passe en 1954.
Delattre est mort très rapidement d’un cancer. Il est remplacé par Salan qui était son adjoint.
En 1953, j’ai pris l’avion par lequel le remplaçant de Salan est venu.
Il y a eu des erreurs qui ont été faites. Ce remplaçant n’avait jamais été en Indochine. Le gouvernement lui a imposé de protéger le Laos, car il y avait un accord de soutien.
C’était risqué de laisser une garnison à Dien Bien Phu qui protégeait le Laos.
La capitulation de Dien Bien Phu est le début de la fin.
C’est Mendés France qui prend le gouvernement. Mendès s’est fait fort de conclure la paix avec Ho Chi Minh, dans les six semaines qui suivent. Mendès France a signé la paix et les Français sont partis : ce sont les accords de Genève de juillet 1954.
En 1953, j’ai 4 mois de fin de campagne et je suis affecté au Ministère de la France d’Outremer pour être le correspondant de celui qui m’a remplacé à Saïgon. Je m’occupe non seulement des affaires financières de l’Indochine, mais également des autres colonies.
Il y avait une vingtaine d’officiers à la direction des Affaires militaires. Cela coiffait également les hôpitaux militaires.
J’y reste 3 ans et ½, puis je suis affecté à Brazzaville au Congo en juin 1957.
Je suis le chef d’établissement des services de l’armée sur Brazzaville, Pointe Noire et Libreville (Gabon). Je vois De Gaulle en 1958 accorder l’indépendance aux colonies, et toutes les colonies ont dit oui au Général de Gaulle, sauf la Guinée avec Sekou Touré qui a voulu l’indépendance tout de suite. Cela a été une catastrophe pour la Guinée, car ils n’avaient pas les cadres nécessaires pour administrer le pays.
Retour : Nous arrivons à Marseille le 1er janvier 1960 par bateau.
A Brazzaville, toute la famille est présente ! Il y a les 7 enfants.
Nous sommes partis en bateau de Pointe Noire le 10 décembre 1959. Au passage à Abidjan, le bateau fait escale et je rencontre ne N°2  de la Côte d’Ivoire, Yacé Philippe, qui est le Président de l’Assemblée nationale, avec Houphouet Boigny Président de la République. Yacé Philippe a été l’un des volontaires pour faire campagne avec nous durant l’hiver 1945. Je l’ai connu pendant deux ans. Je lui avais écrit avant de partir et je lui avais dit que j’irais le saluer. On a passé deux heures dans son bureau pour raconter nos campagnes. C’est pour dire qu’on avait d’excellentes relations…On parle de colonialistes…Je travaillais avec des Africains, sans esprit colonial. Yacé Philippe m’indique le devenir de certains de ses camarades du régiment, dont Diop Allassane, qui est ministre en Guinée. Je lui dis : « En Guinée, il y a une rupture entre la France et la Guinée et je n’ai pas le droit de descendre. Et lorsque le bateau fait escale en Guinée, Diop Allassane vient me rendre visite sur le bateau et nous passons deux heures ensemble. Ils faisaient partie des quinze qui avaient fait la campagne d’hiver avec nous.
Avant de partir de Dakar, on avait été « étoffé » d’intellectuels, l’artillerie étant réputée une arme savante.
J’ai une période de 4 mois de congé jusqu’à Pâques 1960 et je suis nommé au service financier du Ministère de la France d’Outre Mer de 1960 à 1962.
Puis je suis affecté à un régiment opérationnel, le 41ème régiment d’infanterie de la Marine. Là, je suis commandant en second. On récupère les unités d’Algérie et on les rapatrie en France. On profite de ce personnel pour constituer des unités opérationnelles sur le plan européen. On fait de l’artillerie sur char AMX 13, le 13 signifiant 13 tonnes, à l’atelier des Moulineaux.
J’y reste 15 mois. Puis je suis affecté à Melun (1963 et 1964) , au 1er RAMA, régiment d’artillerie de Marine, car au départ, ce sont les marins qui ont fourni les troupes coloniales.
Le 14 juillet 1964, c’est le départ pour Madagascar, mais je reviens au bout d’une année, à l’été 1965. Ma famille n’a pas pu m’y rejoindre.
Je vais alors à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale où je reste deux années de 1965 à 1967. Il s’agit de faire rencontrer 25 personnes qui travaillent dans le secteur privé, 25 personnes qui travaillent dans le service public et 25 officiers. Les militaires font également le CHEM, Centre des Hautes Etudes Militaires.
A la suite, je suis nommé à Bordeaux de 1967 jusqu’au 1er juillet 1968.
Ma dernière affectation est à l’Inspection de l’Armement, basée Porte Saint-Cloud, où je reste jusqu’à mon positionnement dans le cadre de réserve le 1/10/1972.
Le 1 er avril 1972, je suis nommé Général.
Je n’arrête pas mon activité !
J’ai fait 6 ans à Euréquip, comme Directeur Financier entre 1972 et le 1er octobre 1978. Cela m’a initié aux problèmes d’une entreprise.

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