Trois entretiens
avec le Général Marie Jehan Perrot
(les lundis 14 novembre, 21 novembre
et 5 décembre 2016 à son domicile d’Issy
les Moulineaux)
Préambule :
A l’occasion de la fête des 100
ans d’oncle Yan, il avait été entendu entre nous que je pouvais venir
m’entretenir avec oncle Yan : Le sujet souhaité était la carrière
militaire d’oncle Yan.
Il s’agit donc d’une série de trois entretiens, où
le général Marie Jehan Perrot évoque en premier lieu les souvenirs de son
enfance. Il se détermine pour la carrière militaire, avec une inclinaison
particulière pour les colonies.
Le texte qui suit est à considérer en mode
brouillon, pour permettre des ajouts et des rectifications. Les termes retenus
sont ceux qui sont usités au sein des familles Gélinier, Perrot, Schaepelynck et les branches rattachées.
***
J’évoque une photographie
d’Oncle ’Abbé enfant, avec sa mère (Mamette)
et son époux le lieutenant Francisque Perrot en grand uniforme avec son
sabre au côté, prise lors de leur séjour à Constantine (Algérie).
(Le lieutenant Francisque Perrot sera nommé capitaine le 13 octobre
1913)
| Daniel Perrot, Mamette et le lieutenant Francisque Perrot à Constantine (Algérie) |
« Ils sont partis au moment
juste avant la naissance de Monique (Mamico).
Monique est née le 24 septembre
1914. Il était de tradition, pour une européenne, de ne pas accoucher en
Algérie pendant les périodes chaudes. Mamette est donc revenue en France au
début du mois de juillet 1914, avant la déclaration de la guerre.
Elle se réfugie à Moret sur
Loing, chez sa mère (Mémée), à la veille de la bataille de la Marne.
«Pourquoi Moret sur Loing ?
Parce que ma grand-mère Gélinier habitait chez sa fille, Pauline Perraudin,
dont le mari travaillait dans une usine à proximité. Il était trop âgé pour
s’engager sous les armes et il a donc continué à travailler à l’usine.
Puis son oncle, François
Ratheau, habitant Beaumont, vient la chercher en voiture. Mamette accouche de Monique
à Saint-Pierre le Moutier. François Perraudin, le beau-frère de Mamette était
photographe. Il y a une collection de photographies Perraudin.
Maryan naît le 27 août 1916 à
Moret sur Loing.
«A 2 ans, je n’ai aucun souvenir
de la première guerre mondiale »
« On part à Mayence en
février 1923 ; J’ai 6 ans et ½. On ne voit que des militaires français. On
habitait un quartier où il n’y avait que des officiers. Dès l’arrivée, je vais
au lycée Français de Mayence.
Après la guerre, mon père
devient commandant à titre temporaire. Cela existait à ce moment-là.
Il part peut-être
comme capitaine à Montpellier. Je me souviens très bien de son passage au grade
de lieutenant-colonel en 1928 : Quelqu’un vient nous chercher à la
gare : on l’appelle : Mon colonel
Revenons à Montpellier :
Nous habitions d’abord Avenue de Toulouse et j’ai un souvenir, un souvenir
sonore.
A Montpellier, l’avenue de
Toulouse doit être une grande rue. J’avais un solide appétit et mes parents me
disaient : Tu vas éclater !
On a entendu un pneu de voiture
qui a explosé, et j’ai alors dit :
« C’est au moins un
Monsieur qui a éclaté ! »
Ensuite, nous avons habité une
villa à Montpellier, la villa de la Tour Buffel avenue de Lodève. A 200 ou 300
mètres de là, il y avait un couvent de bonnes sœurs, et c’est là où j’ai appris
à lire.
Maryan Perrot sait lire, écrire
et compter ainsi, mais ce n’est pas une vraie école.
« On me met au lycée
français de Mayence en 11ème et il m’a fallu 6 mois pour
rattraper le niveau des camarades.
La Rhénanie a été occupée
jusqu’au 30 juin 1930. La famille est partie 1 mois avant cette date, et mon
père est resté jusqu’à la fin.
Il n’y avait quasiment pas de
contacts entre jeunes français et jeunes allemands. Mon frère Daniel, qui
faisait également ses études au lycée de Mayence y a passé son baccalauréat. Il
était en rapport avec Monseigneur Remond qui coiffait l’ensemble des aumôniers
militaires de la Rhénanie. On ne manquait pas d’aumôniers à cette époque. Mon
père avait des relations personnelles avec Monseigneur Remond.
Monseigneur Raymond a chapeauté
l’entrée de Daniel Perrot au séminaire. Monseigneur Raymond va le mettre en
rapport avec un étudiant en droit, qui est un leader des étudiants allemands.
Cet étudiant et Daniel « baragouinent » un peu français ou allemand.
L’étudiant allemand avait un an de plus que Daniel. Il est parti au moment où
Daniel partait au séminaire d’Issy les Moulineaux.
J’avais été mis en rapport
également avec un jeune allemand. Je l’ai vu peut-être une dizaine de fois.
Un fait très intéressant :
Au moment où on a commencé à parler d’Adolf Hitler, mon père lui a écrit.
« Ce gars-là, qui semblait
être pacifiste, pour une entente cordiale, avait tout à fait épousé la doctrine
du parti nazi. Il avait écrit une grande lettre à mon père. Cette lettre doit
être conservée quelque part ».
« Je n’ai aucun papier.
Mamette a vécu jusqu’en 1987.
Moi, j’étais à gauche ou à
droite. Il y a deux personnes dans la famille qui peuvent avoir de la
documentation :
Chantal, qui s’est beaucoup
occupée de conserver les documents
Et Paul de Sinety.
« Je dus Paul de Sinety,
car un jour, j’avais été avisé d’un général qui faisait des collections
d’objets militaires. Il faisait un musée de l’armée à titre personnel. Il me
demandait si je n’avais pas de souvenirs militaires. J’ai appris, après, dans
les notices à l’usage des généraux la bonne façon de donner les pièces
militaires au musée de l’armée…mais surtout pas à ce gars-là !
J’en avais parlé à Paul de
Sinety et je crois me souvenir…
Paul, en plus, comme il habitait
à proximité du musée de l’armée en faisait faire le tour. Il était
imbattable !
A 14 ans, on suit la famille. Je
ne me pose pas de questions. Mon père avait été très impliqué dans les services
financiers de l’Etat-major. Moi-même, j’ai été au service financier en
Indochine.
En 1929, il y a eu la conférence
internationale de la Haye. Aristide Briant, Ministre des Affaires Etrangères,
était le chef de la délégation française.
Mon père était en prise directe
avec Aristide Briant. J’ai dans mes archives un papier qu’il avait fait, où il
termine en disant :
Il Faudra faire très attention !
Il fallait faire payer
l’Allemagne encore pendant 50 ans. L’Allemagne a rétabli son potentiel
industriel. La France a du reconstruire dans une dizaine de départements
dévastés par la guerre.
Transports : Entre
Mayence et Paris, tous les transports se faisaient par train. Je me suis
déplacé une fois avec mon Père en 1926 pour aller voir La Lorelei…
C’était à l’occasion de ma
première communion le 4 juin 1926. Mon parrain, Léon Bertholon, est venu de
Lyon. Il nous avait demandé une voiture militaire.
La campagne autour de Mayence
était prospère. Autant la France était désolée, autant la campagne allemande
était en floraison, elle n’avait pas été détruite par la guerre.
Rapports entre les Français
et les Allemands :
On était uniquement entre Français !
Et eux, de leur côté, ne cherchaient pas à avoir des relations avec les Français.
Il y avait une coopérative pour
les besoins français. On avait très peu de contacts avec les commerçants
allemands et les allemands en général. Les deux derniers mois où je suis resté
en Allemagne, j’ai été hébergé dans une sorte de petit séminaire allemand pour
essayer d’avoir des contacts avec de jeunes allemands, mais cela ne m’a pas
manqué.
Commémorations :
Tous les ans, il y avait la commémoration du 11 novembre et il y avait la fête
nationale le 14 juillet.
En 1930, mon père est nommé au
Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN). La mission était de
préparer le pays au temps de guerre et organiser les rapports entre civils et
militaires en temps de guerre. Mon père rencontre le colonel de Gaulle (nommé
Général en 1940). Mon père était de 1881, De Gaulle est nettement plus jeune
(1890). Ma belle-mère était aussi de 1890, comme de Gaulle. Mon père avait son
bureau boulevard des Invalides, aux Invalides et non pas à l’Ecole Militaire.
La famille habite Clamart, et moi, je vais au lycée Michelet, à Vanves :
je rentre en seconde au lycée Michelet au mois de septembre 1930.
Au lycée Michelet, je continue
en latin. Dans ma chambrée à l’X, 6 sur 8 avaient fait du grec.
Seconde 1930/1931
Première : 1931/1932
Terminale : 1932/1933
Mon père quitte dès 1932, car il
est nommé Colonel commandant le 4ème régiment d’Artillerie à Colmar.
Il était passé artilleur en 1910. Il était sorti dans un bon rang de Saint-Cyr
dans les chasseurs à pied. Il a été affecté au 1er BCP à Troyes. Son
chef de corps était le commandant Emile DRIANT.
C’est un type qui a eu une
célébrité, il était le gendre du général Boulanger. Il a quitté l’armée un peu
après. Il est devenu député.
Il est donc député en 1914, et
il renonce à son privilège de député et il est tué à Verdun en 1916.
Il a écrit des livres très
patriotiques, pour enthousiasmer les jeunes, sous le nom de DANRIT.
Quand mon père, étant à Troyes,
fait sa licence de droit. Il avait des temps libres, il n’était pas marié, il
avait le goût de s’instruire. Vers 1910, en gros, il est passé dans
l’artillerie. Pourquoi ? Je ne m’en souviens plus.
C’est le moment où on
modernisait l’artillerie. Durant la guerre de 1914 1918, il n’a pas été tout le
temps en État-major. Il a commandé des batteries d’artillerie.
Lorsque mon père est affecté à
Colmar, Daniel est au séminaire. Moi, je suis pensionnaire. J’ai été une année
à Strasbourg. J’avais été recalé au baccalauréat de mathématiques élémentaires
pour une note insuffisante en philo.
Mon père passe deux ans à Colmar
et un an à Mulhouse, et c’est à Mulhouse que Monique fait la connaissance de
Gérard Schaepelynck en 1936, puisqu’ils se marient le 22 septembre 1937,
elle-même étant du 24 septembre 1914.
Mon Père fait le CHEM (Centre
des Hautes Etudes Militaires). Cette école était surnommée l’Ecole des
Maréchaux ; Les membres du Conseil Supérieur de la Guerre avaient pour
mission de commander une armée.
Le 1er octobre 1937,
je rentre à l’X.
De 1934 à 1937, j’étais
pensionnaire au lycée Saint-Louis.
Mathématiques Supérieures :
1934/1935
Mathématiques Spéciales :
1935/1936 3/2
Mathématiques
Spéciales :
1936/1937 5/2
Toutes les vacances se passaient
à Beaumont. J’étais scout, et chaque été, nous faisions un camp scout de 15
jours à trois semaines.
Ceci introduit des questions
sur Beaumont :
Octave Gélinier :
Octave Gélinier avait fait une
année de mathématiques supérieures. Puis il s’est dit que cela serait mieux de
faire médecine. Il fait alors un ou deux ans de médecine. Puis il fait du
droit. Enfin, il revient en taupe et il intègre Mines Paris. Il n’aurait pas pu
faire l’X en raison de son infirmité. C’est un gros gabarit intellectuel.
Montée des périls :
En 1937, on regarde et on dit : On n’y échappera pas !
Il y avait eu la crise de 1929,
pas tellement présente en France immédiatement après, mais plus présente de
1931 à 1936. En 1936, c’est l’avènement du Front Populaire. Les oncles et les
tantes sont tout à fait anti Front Populaire.
Il y a une espèce de révolution
douce en France.
Choix professionnels :
J’ai pensé à l’Industrie. J’ai
pensé faire une carrière dans l’administration coloniale.
Pour moi, les colonies, c’est
favoriser le sanitaire, apporter l’instruction, créer une administration. Aux
colonies, il y avait énormément de luttes internes. La France a apporté la
stabilité. C’était la paix qui régnait avec la France.
J’ai assisté à l’exposition
coloniale de 1931 et à l’exposition universelle de 1937. A l’exposition
universelle de 1937, les deux stands les plus importants sont ceux de l’Allemagne
nazie et de l’URSS.
A l’occasion de ces expositions,
j’ai compris que les colonies m’attiraient. Je ne voyais pas qu’on brimait les
élites locales à l’époque.
A l’X, c’est moins astreignant
que les années de Taupe, où il n’y a aucune distraction, à l’exception du
scoutisme, que je continue à l’X.
J’ai des excellents amis scouts
à l’X et on a des activités communes. On dirige une troupe à Gentilly, on les
emmène camper.
A l’X, je rattrape pas mal la
lecture, que j’avais négligée, et je lis un peu de tout, les auteurs classiques
et les romans à la mode.
Pour la presse, il y a l ’ Echo de Paris qui est un journal très
nationaliste. Mon père le lisait. On le lit, sans y croire complètement. Henri
de Kerylis est le directeur de l’Echo de Paris. Il y est très virulent contre
les allemands. On trouvait qu’il y allait un peu fort.
Il y avait également le Matin.
On ne lisait pas l’Action Française. Le journal Action
Française était proscrit. Cela plaisait aux anciens nobles. L’Action Française
était condamnée par Rome.
A l’X, il n’y avait aucun
étudiant communiste. Il y avait des étudiants à gauche, qui soutenaient le Front
Populaire.
L’enseignement à l’X durait deux
années, et il y avait à la suite l’Ecole d’application.
Quand je suis sorti de
Polytechnique, je suis sorti dans l’artillerie coloniale. Les artilleurs vont à
Fontainebleau et cela devait durer deux ans, mais du fait de la guerre, la
mobilisation est organisée.
A Lorient, il y avait le 11ème
régiment d’artillerie coloniale. Il y a 3 régiments sur la base de Lorient.
Cette organisation est valable dans les temps de guerre, à un moment où il y a
des morts et des blessés. C’est dans ces bases arrière que l’on recomplète les
régiments décimés avec des recrues que l’on forme. Durant la drôle de guerre,
il n’y a aucun mort.
Je reste à Lorient jusqu’en juin
1940.
Les hostilités commencent le 10
mai 1940. Il y a des pertes au combat. Je rentre dans un régiment à Rueil-Malmaison,
car on y reconstitue un régiment. Ma vie active, en tant qu’officier,
sous-lieutenant d’artillerie commence autour du 1er juin 1940.
Le front est enfoncé, les
Allemands sont passés par les Ardennes et Le nord des Vosges et déferlent
au nord de Paris. Je suis conduit à faire retraite. Nous nous déplaçons la
nuit. Nous avons très peu tiré. Toutes les routes, tous les chemins étaient
remplis par des réfugiés de Belgique, de Hollande ou du Nord de la France. On
se déplaçait à travers champs et non par les routes. C’était invraisemblable.
A Paris, j’ai pris les
boulevards extérieurs. J’ai passé la Loire à Giens. Puis je suis allé vers
Chateauroux. Je me suis retrouvé du côté de Bergerac le 25 juin 1940, et je ne
suis donc pas prisonnier. A ce moment-là, on reste un mois ou deux à attendre.
J’avais des Malgaches et des Indochinois dans mon régiment.
Le régiment est dissous à
Bergerac et nous partons sans armes dans les camps du sud est affectés à
l’armée coloniale à Fréjus.
Nous sommes militaires et sans
armes. Il y a quand même l’armée d’armistice qui durera jusqu’au 8 novembre
1942. L’armistice a été signée par le général Huntziger au nom du gouvernement
français.
En octobre 1940, je pars au
Maroc. Je reste deux mois à Taza, puis je vais à Casablanca jusqu’en juillet
1941, date à laquelle je vais à Dakar.
Mers el Kébir a lieu le 2
juillet 1940.
Je reviens en arrière à
Lorient : C’est intéressant, car là, à Lorient, je fais la
connaissance de Renée, ma future épouse.
Je suis invité dans une famille
Lorientaise qui a connu ma présence là et le fait que je ne faisais pas
grand-chose. Je suis invité à un bridge dans la famille d’un médecin.
Entre une jeune fille et je me
dis : « Celle-là n’est pas comme les autres »
Je la revois après : C’est
elle qui invitait pour le bridge. Mais je n’ai aucune conversation avec elle.
Sur ces entrefaites, je vous ai
dit que j’étais attiré par le Scoutisme.
Le 23 avril 1940, C’est la Saint-Georges,
et traditionnellement, pour la Saint-Georges, les Scouts se réunissent. Je
découvre alors que Renée est cheftaine de Jeannettes. Elle me dit :
« Vous aussi, vous faites
partie des scouts ». On a une conversation amicale.
Elle n’a pas compris que j’ai
fait exprès de ne pas me mettre à côté d’elle. Je risquais de partir 8 jours
après. Ce n’était pas le moment de commencer un lien quelconque.
C’est à Bergerac que nous sommes
arrivés.
De Gaulle, son appel du 18 juin,
j’en ai entendu parler plus tard. Pendant la retraite proprement dite, on
n’avait aucun contact avec le reste du monde ! On s’appliquait à sa tâche
militaire. J’aime autant vous dire que les sentiments qu’on avait, ce n’était
pas le rapprochement avec l’Allemagne ! Il y avait l’Angleterre, il y
avait l’Amérique.
« Il faut que
l’Amérique entre en guerre » : Cela était dit par un
sous-officier astucieux.
A Casablanca, les gens étaient
remontés contre les Anglais, à cause de Mers el Kébir.
A Dakar, il y a eu
l’ « histoire » du 22/9/1940 : De Gaulle vient à Dakar avec
une flotte anglaise. C’était une faute, car les gens n’auraient pas demandé
mieux que d’adhérer à De Gaulle.
On n’écoutait pas Radio Londres.
Le fait qu’il vienne à bord d’un navire d’une flotte anglaise qui venait de
couler la flotte française, c’est plus qu’une erreur. Les gens souhaitaient
vraiment la lutte contre l’Allemagne. L’idée n’était pas de collaborer. On
voyait bien qu’ils gardaient les prisonniers.
Les juifs ? : On n’en
parlait pas. J’avais un camarade de promotion Dreyfus, qui pratiquait les rites
juifs dans l’école. Il a été considéré comme un officier et mis dans un
OFLAG ; Il a été prisonnier jusqu’en 1945. Puis il s’est converti au
Christianisme et il est devenu Dominicain.
(François Dreyfus a été
professeur à l’école Biblique et Archéologique de Jérusalem).
DAKAR : Que
se passe-t-il à Dakar ? A mon point de vue personnel, j’établis des
contacts épistolaires avec Renée. Le téléphone n’existait pas.
On décide de
s’unir par le mariage
Mais on ne se déplace pas comme
on veut !
Il y a des bateaux qui font
Casablanca Dakar. Mais il faut des raisons valables pour y voyager. On décide
de se marier par correspondance. Cela fait hésiter ma future belle-mère. On ne
se connait pas ! Mais on décide de se marier.
Ma fiancée et sa mère habitent
Lorient, qui est zone interdite.
Je suis marié le 11 juillet 1942
à la Mairie de Dakar. Le dossier arrive en France, à Lorient. Cela met 3 mois à
être récupéré ! Mon épouse ne signe le dossier qu’après le 8 novembre 1942
(débarquement américain en Afrique du Nord)
Plus aucun contact n’est
désormais possible.
Je suis affecté à l’infanterie
de côte à Dakar. On a mission de tirer sur les Anglais, et ce sont des ordres
écrits. Mais il y a des clivages. Concernant l’attitude à avoir avec les
Allemands, il n’y a pas de clivage.
Les marins n’ont pas digéré Mers
el Kébir : Le 22/9/1940, la flotte anglaise coule l’Audacieux, un vaisseau
sur lequel il y a le lieutenant Colas, qui est un cousin de Renée. Le
lieutenant a deux enfants. Leur mère était morte à l’accouchement du second.
Les deux enfants deviennent orphelins de Père et de Mère.
On n’était certainement pas
collaborationniste, mais les Anglais et même De Gaulle n’étaient pas
appréciés ! On n’entendait pas « les Français parlent aux Français ».
AFRIKA KORPS :
Rommel attendait les Anglais au Caire.
RUSSIE : On sait que
les Allemands ont rompu le pacte germano-soviétique. Il y a une pénétration
allemande victorieuse au travers de l’Ukraine et jusqu’à Moscou qui est
claironnée par les Allemands. Stalingrad, les Allemands ne s’en vantent pas. On
le sait mal, le renseignement circule très mal.
A partir du 8 novembre 1942,
date de l’arrivée des américains avec la bannière étoilée, l’Afrique se rallie
aux Américains. Darlan est en Afrique du Nord. Darlan est le numéro 2 de Vichy.
On disait : « Il est
là parce que son fils est malade ». On disait Vichy se rallie à un
gouvernement pro américain pour rompre l’armistice avec les Allemands. Les
Américains avaient prévu 7 divisions pour rétablir l’ordre en Afrique du Nord.
Cela a duré 48 heures. Le Général de Gaulle et Giraud arrivent ensuite.
A Dakar, je vis dans une
batterie de côte. Je n’ai pas de vie personnelle. J’habite dans un camp
militaire. Je suis passé lieutenant le 22 août 1941. J’avais été nommé
sous-lieutenant le 22 août 1939. Il y a une vie à Dakar, j’ai des amis qui sont
mariés et vivent en famille. Le soir, je rentre dans mon camp militaire. Dakar
est sur une presqu’île et il n’y a pas d’arrière pays. Il y a une voie ferrée
qui va sur Bamako. Il y a la plage et on peut se baigner. C’est une vie un peu
recluse.
Darlan est assassiné le 23
décembre 1942, la veille de Noël. Il y a eu différentes explications. Pour moi,
cela a été le déclic. La France de l’intérieur souhaitait que l’Afrique soit la
base arrière de la reconquête du pays.
Campagne d’Italie :
Elle est faite par les troupes alliées basées en Afrique du Nord. Il y a eu
d’abord la reconquête de la Corse. La campagne d’Italie a été très dure.
Les troupes coloniales, nous ne
sommes intervenus que bien plus tard, à partir du débarquement en Provence.
Les divisions ont été
entièrement équipées par les Américains. En Provence, il y a eu 3 divisions,
dont la division Tunisienne et la Division Algérienne. Il y a eu la 3ème
division d’Infanterie Algérienne.
La 9ème Division
d’Infanterie Coloniale, c’était l’Afrique Noire.
Tout le matériel était fourni
par les Américains.
Le transport des hommes s’est
fait par bateau de Dakar à Casablanca. Puis l’unité a été regroupée et le
trajet s’est fait entre Casablanca et Oran par route ou par voie ferrée. La
traversée de la Méditerranée s’est faite avec des bateaux américains LST. Ce
sont des bâtiments de débarquement, à fond plat, s’ouvrant par l’avant, pour
permettre le débarquement sur la plage. On avait prévu beaucoup de DCA, car la
Luftwaffe était très meurtrière. Mais les Américains et les Anglais avaient
porté beaucoup d’effort sur la Luftwaffe. On n’a pas eu l’occasion d’abattre
des avions allemands.
Mes faits d’arme ont été très
faibles, car il y avait une prépondérance d’avions alliés.
On était, au début, sur des 40
Beaufort, des avions qui attaquaient les Stukas. Les Stukas attaquaient en
piqué. Mais au bout d’un certain temps, il n’y avait plus de Stukas. Il y avait
des consignes de tir strictes : On faisait de l’appui pour les troupes au
sol, la 9ème DIC (Afrique Noire).
Je suis arrivé un peu en retard
et j’ai débarqué dans le Vieux Port de Marseille : Toute la région de
Marseille avait été reconquise. Non seulement on voyait les traces, mais les ponts
avaient été détruits. Le Génie avait reconstitué les infrastructures.
Besançon : On
s’établit à Besançon. Cela devient intéressant à double titre. En décembre
1944, le commandement décide le blanchiment des unités. On était parti avec des
Sénégalais. On renvoie chez eux les Sénégalais et on les remplace par des FFI
qui ne demandent qu’à « casser de l’Allemand ».
On avait choisi les
Sénégalais : On avait le droit d’en conserver 15 par unité qui comptait un
effectif total de 100 combattants. Il y avait beaucoup de volontaires, dans les
troupes noires, pour rester. Certains ont eu des destinées importantes dans
leur pays.
Cela m’a permis d’aller chercher
des recrues blanches à Paris, et de là, en trois jours, j’ai épousé ma femme.
Le dossier a fini par arriver.
J’étais arrivé un lundi matin à
Paris, avec une mission, pas de recrutement, mais de ramener du personnel pour
effectuer des tâches administratives.
Renée résidait au 94 boulevard
de La Tour Maubourg. Monique et sa mère étaient à Beaumont.
Nous sommes allés à la Mairie du
7ème arrondissement.
Le préposé a dit :
« Je ne veux pas savoir ce qui s’est passé avant ».
En fait, je suis marié deux
fois.
A Besançon, je recrute des FFI.
Ils sont volontaires, mais ils ne connaissent pas le métier d’artilleur de DCA.
En janvier 1945, il fait très froid. Les hostilités reprennent fin janvier 1945
et on est stationné à côté de Strasbourg. Un pont était resté intact sur le
Rhin, et grâce à ce pont, cela a permis de créer une tête de pont et de
descendre le long du Rhin. D’autres ponts sur Strasbourg ont été rétablis
ensuite progressivement en mars et en avril 1945.
Il n’y avait plus d’aviation
allemande. Or il faut avoir la maîtrise de l’air.
L’offensive des Ardennes avait
été stoppée, les Américains ayant la maîtrise de l’air. Il y a eu bien sûr des
pertes importantes chez les Américains, qui ont rétabli l’équilibre. C’est une
marche en avant facile en Allemagne. Les troupes allemandes se battent quand
même. On trouve un pays plus pacifié et riche que n’était la France. Les
campagnes sont en floraison. Il fait encore très froid en mai 1945. La nature
est en plein essor. Les villes sont détruites, mais pas les campagnes.
Bregenz est en gros le point
final. C’est au bout du lac de Constance. C’est là où était l’État-major de
l’armée de Delattre. On a été basé à Gaggenau, pas très loin de Baden Baden
pendant un mois ou deux après la fin des hostilités, puis l’unité a été
positionnée à Schifforstadt (la ville des bateliers) tout prêt du Rhin, du côté
de Landau.
Denis est né le 30 septembre
1945.
Mariage civil et religieux :
Je me suis marié le 14/12/1944
en tenue de lieutenant. En fait, j’étais capitaine depuis le 1er
octobre 1944.
On était allé voir le secrétaire
de Mairie le lundi après-midi. Le mardi matin, nous allons, Renée et moi, à l’Eglise
du Gros Caillou, pour s’inscrire pour un mariage religieux. Le premier vicaire,
en charge des mariages, me demande un certificat de baptême. Parti de France depuis
5 ans, je n’avais pas de certificat de baptême. Alors le vicaire me dit :
« Vous vous appelleriez Mr
de la Puce Qui Renifle, je ne pourrais pas vous marier ! ».
A Lorient, à côté de la caserne
où j’avais été, il y avait un bistrot fréquenté par les militaires qui s’appelait le
bistrot de la Puce qui Renifle et le nom était donné à tout le quartier.
Renée avait à ce moment là à
Paris un oncle dominicain qui dit :
« Je vais vous recommander
auprès de l’évêché. Alors donc, nous rencontrons le secrétaire personnel de l’évêque,
qui a l’énoncé de mon nom de Perrot dit :
« Vous n’auriez pas dans
votre famille un prêtre dont le prénom est Daniel ? »
Alors je dis : « Daniel,
c’est mon frère ».
Alors il dit : « Je n’ai
pas besoin de certificat ».On fera le mariage à la chapelle de l’évêché à
11 heures.
Renée téléphone à toute la
famille pour annoncer son mariage jeudi à 11heures.
Puis Mgr Lesourd, le secrétaire,
devenu évêque, téléphone en disant : « Ce n’est pas possible, la
chapelle est retenue toute la matinée. Une autre solution est envisagée avec l’aide
d’une religieuse dont le monastère se trouve à Montmartre (la sœur de ma tante
Philomène).
Finalement, on trouve une église
(Saint-Pierre de Chaillot). Le colonel du Régiment s’était déplacé. On est
reparti de Paris seulement le samedi. Renée m’a accompagné à Besançon, où je me
suis occupé de former les nouvelles recrues.
En octobre 1945, je suis affecté
à l’Etat-major de Delattre de Tassigny à Baden Baden et je fais venir mon
épouse et mon fils aîné. Je réside à Buhl, je suis affecté au 4ème
bureau qui se trouve à Buhl.
Puis j’ai eu une affectation de
principe à Fréjus, où je ne suis pas allé physiquement, et j’ai été envoyé à
Dakar.
Puis Renée est arrivée enceinte
du N°2 à Dakar et Joël est né 3 mois après : Il fallait qu’elle voyage de
façon sûre.
A Dakar, je suis resté 2 ans et
½. Je suis revenu de Dakar à la pentecôte 1949.
…..
est née le 8 août 1948.
Comment s’était effectué le
voyage ?
Le voyage s’est effectué par
bateau de Marseille à Dakar, avec une escale à Casablanca d’une journée, où
j’ai retrouvé des amis.
L’arme et le service :
En 1945, il y a une distinction
entre l’arme et le service. Il y ales gens qui servent le canon et il y a des
gens qui s’occupent du matériel : ce sont deux corporations différentes.
Aux colonies, on pouvait être affecté indifféremment dans la batterie ou dans
le service.
Lors du premier séjour à Dakar,
j’étais dans la batterie de côte. Lors du deuxième séjour, j’ai été affecté au
service matériel et bâtiment, entretien des armes et des munitions : SMB,
service Matériel et Bâtiment. Le deuxième séjour dure du 1/10/1945 jusqu’à
Pentecôte 1949.
J’ai eu un congé de fin de
campagne, et on a commencé à s’installer à Belle-Île, à Kerloréal.
On inaugure les vacances des
frères et des sœurs. On se réunit avec Monique et Gérard, Chantal et Odile.
Jacques et Christiane viennent avec Luc et Marc qui a trois mois. Ce sont les
premières vacances, et on inaugure les vacances de Kerloréal sous l’égide de ma
belle-mère. Il n’y a aucun confort, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas
d’eau courante. Je reste à Kerloréal jusqu’au 15 août 1949, puis je vais à
Dinant où je reste 18 mois jusqu’au 1/12/1950. En janvier 1951, je suis affecté
à Fréjus où je reste un mois et je suis affecté en Indochine. J’embarque à
Marseille, je passe par le canal de Suez, je fais escale à Djibouti une demie
journée. Dans le bateau, il n’y a que des militaires. Je reste deux ans et demi
en Indochine, et la famille s’installe à Lorient. Je suis affecté avec mon
groupe le 1er mars 1951. La France était très étrillée et Delattre
prend le commandement de l’armée. Il est également haut commissaire. Delattre
est admiré, car il a fait le débarquement en Provence, jusqu’à la victoire
militaire. Comme cela allait mal, on le désigne. Leclerc lui-même avait été
envoyé là-bas. Des Français sont restés durant toute la guerre. Les Japonais
avaient installé des bases, mais n’avaient pas pris l’administration. Dans
toute cette histoire d’Indochine, il y a eu des revirements : s’entendre
avec Ho Chi Minh et Diap. Cela a été très sombre au point de vue diplomatique.
La France n’avait pas compris que l’ère coloniale était terminée :
On veut bien laisser le
gouvernement à des gens favorables, mais pas à des révolutionnaires armés par
Moscou. Le but était d’empêcher les communistes de prendre le pouvoir sur
l’Indochine.
Affecté avec le groupe au
Tonkin, je reste durant trois mois dans le groupe d’artillerie. On a des canons
et on tire le cas échéant, dans les opérations. Mais il se trouve que dans son
Etat-major Delattre a fait appel autour de lui au général Allard, son
écurie personnelle, des gens en qui il avait confiance. Ces gens-là, je les
avais connus au 4ème bureau à Baden Baden. Il y avait le colonel
Levaquon que j’avais très bien connu à Baden Baden. La personne qui était en
charge du service financier de l’Etat-major était partie. Ils cherchaient
quelqu’un pour le remplacer. A Dakar, j’avais su faire des marchés et j’avais
été confronté à des problèmes financiers. J’ai été affecté au service financier
au bout de trois mois sous l’égide de Levaquon.
Levaquon coiffait une partie du
4ème bureau et j’étais l’expert des finances. Pour le vote du budget
1951, je suis allé le présenter au Ministère en France. Il y avait pas mal
d’aide de la part des américains, qui fournissaient les armes et les munitions
d’artillerie, qui coûtent très cher. Les américains fournissaient les jeeps,
des GMC et des véhicules blindés également. Il y avait également de l’aviation,
mais je m’occupais de l’armée de terre et des unités de la marine.
Marine et aviation avaient leur
budget propre.
1951 et 1952, je suis en
Indochine, et je reviens par avion le 1er juin 1953.
Dien Bien Phu se passe en 1954.
Delattre est mort très
rapidement d’un cancer. Il est remplacé par Salan qui était son adjoint.
En 1953, j’ai pris l’avion par
lequel le remplaçant de Salan est venu.
Il y a eu des erreurs qui ont
été faites. Ce remplaçant n’avait jamais été en Indochine. Le gouvernement lui
a imposé de protéger le Laos, car il y avait un accord de soutien.
C’était risqué de laisser une
garnison à Dien Bien Phu qui protégeait le Laos.
La capitulation de Dien Bien Phu
est le début de la fin.
C’est Mendés France qui prend le
gouvernement. Mendès s’est fait fort de conclure la paix avec Ho Chi Minh, dans
les six semaines qui suivent. Mendès France a signé la paix et les Français
sont partis : ce sont les accords de Genève de juillet 1954.
En 1953, j’ai 4 mois de fin de
campagne et je suis affecté au Ministère de la France d’Outremer pour être le
correspondant de celui qui m’a remplacé à Saïgon. Je m’occupe non seulement des
affaires financières de l’Indochine, mais également des autres colonies.
Il y avait une vingtaine
d’officiers à la direction des Affaires militaires. Cela coiffait également les
hôpitaux militaires.
J’y reste 3 ans et ½, puis je
suis affecté à Brazzaville au Congo en juin 1957.
Je suis le chef d’établissement
des services de l’armée sur Brazzaville, Pointe Noire et Libreville (Gabon). Je
vois De Gaulle en 1958 accorder l’indépendance aux colonies, et toutes les
colonies ont dit oui au Général de Gaulle, sauf la Guinée avec Sekou Touré qui
a voulu l’indépendance tout de suite. Cela a été une catastrophe pour la Guinée,
car ils n’avaient pas les cadres nécessaires pour administrer le pays.
Retour : Nous
arrivons à Marseille le 1er janvier 1960 par bateau.
A Brazzaville, toute la famille
est présente ! Il y a les 7 enfants.
Nous sommes partis en bateau de
Pointe Noire le 10 décembre 1959. Au passage à Abidjan, le bateau fait escale
et je rencontre ne N°2 de la
Côte d’Ivoire, Yacé Philippe, qui est le Président de l’Assemblée nationale,
avec Houphouet Boigny Président de la République. Yacé Philippe a été l’un des
volontaires pour faire campagne avec nous durant l’hiver 1945. Je l’ai connu
pendant deux ans. Je lui avais écrit avant de partir et je lui avais dit que j’irais
le saluer. On a passé deux heures dans son bureau pour raconter nos campagnes.
C’est pour dire qu’on avait d’excellentes relations…On parle de colonialistes…Je
travaillais avec des Africains, sans esprit colonial. Yacé Philippe m’indique
le devenir de certains de ses camarades du régiment, dont Diop Allassane, qui
est ministre en Guinée. Je lui dis : « En Guinée, il y a une rupture
entre la France et la Guinée et je n’ai pas le droit de descendre. Et lorsque
le bateau fait escale en Guinée, Diop Allassane vient me rendre visite sur le
bateau et nous passons deux heures ensemble. Ils faisaient partie des quinze
qui avaient fait la campagne d’hiver avec nous.
Avant de partir de Dakar, on
avait été « étoffé » d’intellectuels, l’artillerie étant réputée une
arme savante.
J’ai une période de 4 mois de
congé jusqu’à Pâques 1960 et je suis nommé au service financier du Ministère de
la France d’Outre Mer de 1960 à 1962.
Puis je suis affecté à un
régiment opérationnel, le 41ème régiment d’infanterie de la Marine.
Là, je suis commandant en second. On récupère les unités d’Algérie et on les
rapatrie en France. On profite de ce personnel pour constituer des unités
opérationnelles sur le plan européen. On fait de l’artillerie sur char AMX 13,
le 13 signifiant 13 tonnes, à l’atelier des Moulineaux.
J’y reste 15 mois. Puis je suis
affecté à Melun (1963 et 1964) , au 1er RAMA, régiment d’artillerie
de Marine, car au départ, ce sont les marins qui ont fourni les troupes
coloniales.
Le 14 juillet 1964, c’est le
départ pour Madagascar, mais je reviens au bout d’une année, à l’été 1965. Ma
famille n’a pas pu m’y rejoindre.
Je vais alors à l’Institut des
Hautes Etudes de Défense Nationale où je reste deux années de 1965 à 1967. Il
s’agit de faire rencontrer 25 personnes qui travaillent dans le secteur privé,
25 personnes qui travaillent dans le service public et 25 officiers. Les
militaires font également le CHEM, Centre des Hautes Etudes Militaires.
A la suite, je suis nommé à
Bordeaux de 1967 jusqu’au 1er juillet 1968.
Ma dernière affectation est à
l’Inspection de l’Armement, basée Porte Saint-Cloud, où je reste jusqu’à mon
positionnement dans le cadre de réserve le 1/10/1972.
Le 1 er avril 1972, je suis
nommé Général.
Je n’arrête pas mon
activité !
J’ai fait 6 ans à Euréquip,
comme Directeur Financier entre 1972 et le 1er octobre 1978. Cela
m’a initié aux problèmes d’une entreprise.
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